2017
janv.
25

Refonte de la circulaire de mission : projet 3

Lecture comparative et analyse.

Le 26 janvier se tiendra la quatrième réunion du groupe de travail ministériel en charge du projet de réécriture de la circulaire de mission des professeurs documentalistes. Les organisations syndicales ont, en amont de cette rencontre, reçu hier la troisième version du projet qui fera l’objet des discussion jeudi. L’A.P.D.E.N. en a réalisé une lecture comparative, au regard de la version précédente, et a formalisé son analyse dans un document de synthèse adressé hier soir à l’ensemble de ses partenaires syndicaux, accompagné d’un message leur renouvelant la confiance de l’association dans le travail essentiel de représentation qu’ils assureront demain, et dont nous voulons croire qu’il saura se montrer à la hauteur des enjeux majeurs engagés pour la profession.

Le bureau national salue en premier lieu des avancées importantes dans cette troisième version du projet de réécriture de la circulaire de mission des professeurs documentalistes.

La mission d’enseignement est plus clairement affirmée : le terme enseignant est réintégré dans l’intitulé de l’axe de mission 1, associé dans l’introduction a la mention explicite de l’information-documentation comme domaine d’enseignement du professeur documentaliste ; de même, la responsabilité du professeur documentaliste dans la formation de tous les élèves apparait à présent explicitement. Enfin, le développement de l’axe 1 fait désormais apparaitre la notion de progressivité des apprentissages de la 6e à la terminale, et distingue l’action du professeur documentaliste du lieu CDI en plaçant son champ d’intervention pédagogique « dans et hors du CDI ».

Un paragraphe reprenant, dans le projet de circulaire de mission, les termes du décret et de la circulaire d’application relatifs au décompte des heures d’enseignement a enfin été ajouté - mais la mention « Les heures d’enseignement sont effectuées dans le respect nécessaire du bon fonctionnement du CDI. » qui le conclut implique que la formation dispensée aux élèves sera évaluée en fonction de ses conséquences sur l’ouverture du lieu CDI, et non en fonction des besoins des élèves en termes d’apprentissages. Elle constitue un risque significatif de refus du chef d’établissement, à l’appréciation duquel revient la définition de ce que recouvre le « bon fonctionnement du CDI », de laisser le professeur documentaliste enseigner.

Parallèlement, la suppression de la phrase « Il est force de proposition pour une structuration et une progressivité des apprentissages qui relèvent de l’EMI auprès des enseignants et des personnels d’éducation » permet d’éloigner le risque de voir le professeur documentaliste chargé d’un rôle d’ingénierie pédagogique.

La cohérence d’ensemble du texte a été améliorée en ce qui concerne l’axe 3 de la mission, dédié à l’ouverture culturelle : un paragraphe sur l’action en faveur de la lecture y a été réintégré, constituant un premier travail de rééquilibrage entre les différents axes formalisés dans le projet. La clarification de la distinction entre missions statutaires et missions particulières (référent culture...) dans ce champ d’action du professeur documentaliste a enfin été explicitement formalisée.

Nous notons, au-delà, la persistance de nombreux éléments problématiques qui contraignent la portée des avancées relevées, et dont deux nous semblent particulièrement préoccupants :

La définition de ce qu’est une heure d’enseignement, incluant la question de l’évaluation, est toujours absente. Le texte énumère différents types d’interventions envisagés pour le professeur documentaliste, sans jamais les définir : dans ce cadre, à qui reviendra, dans les EPLE, d’établir la distinction entre ce qui relève de formations, d’activités pédagogiques et d’enseignement ou de médiation documentaire ?

Le concept de politique documentaire, qui structure tout l’axe 2 de la mission dans cette version, représente à notre sens un obstacle majeur. Introduit il y a 13 ans, et malgré une politique volontariste de l’institution, il n’a jamais réussi à s’implanter en EPLE ; il est globalement rejeté par la profession au profit de projets documentaires qui, à l’échelle du CDI, permettent d’en structurer l’action. Les éléments de nature à revêtir une dimension plus globale à l’échelle de l’établissement n’ont, à notre sens, pas à être définis dans une politique documentaire distincte du projet d’établissement : ils peuvent en constituer des volets intégrés, dont le professeur documentaliste contribue à l’élaboration. (ex. de formulation d’ailleurs retenu dans l’axe 1 du projet : « Le professeur documentaliste participe à la définition du volet numérique du projet d’établissement. »)

S’il ne peut être supprimé des termes de la circulaire, le concept de politique documentaire doit a minima être redéfini de manière à n’intégrer en aucun cas la question de la formation des élèves ; car si le concept originel, issu des bibliothèques, comprend effectivement un volet formation, ce dernier relève alors de la médiation documentaire et de la formation des usagers. Élargir cette acception, en EPLE, à la formation des élèves à une culture de l’information et des médias revient à opérer une confusion majeure, au risque de soumettre totalement l’exercice de la mission d’enseignement du professeur documentaliste à la validation de non-spécialistes de l’information-documentation. Il serait ainsi le seul, parmi ses pairs, à être à ce point contraint dans sa liberté pédagogique.

Au delà de ces éléments saillants, il nous semble par ailleurs important, dans l’ensemble du texte, de replacer le numérique à sa juste place, sans lui attribuer un rôle excessif.

Pour consulter l’intégralité des éléments relevés par le bureau national, cliquez sur l’image ci-dessous :

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