2007
déc.
17

Participation de la FADBEN au stage de formation organisé par le SNES

Les savoirs en Information-Documentation : comment les enseigner ?

Jeudi 22 novembre 2007

Suite à son congrès de Clermont Ferrand et après s’être penché sur la nécessité d’un curriculum pour former tous les élèves à la maîtrise de l’information, le SNES a proposé à ses adhérents, enseignants documentalistes et enseignants d’autres disciplines, de réfléchir à comment mettre en place, en collège et en lycée, la formation de tous les élèves aux savoirs en information documentation. Cet article se fait l’écho de la première journée uniquement, le SNES produira lui-même un compte-rendu détaillé dans un 8 pages spécial par la suite.

Cette journée proposait des interventions pouvant alimenter la réflexion : un questionnement sur le processus de professionnalisation et le paradoxe identitaire des enseignants documentalistes proposé par Pascal Duplessis et une présentation de la production du groupe de travail FADBEN et associés sur les savoirs en information documentation par Ivana Ballarini. L’association proprement dite, la FADBEN était présentée dans la matinée par Elisabeth Thibaudin (la deuxième journée, à laquelle la FADBEN n’a pas participé, était organisée en différents ateliers).

Les débats qui ont émaillé cette journée ont vu émerger des préoccupations communes au SNES et à la FADBEN. En effet, nous sommes également préoccupés de la diminution constante du nombre de postes aux CAPES, du non remplacement des collègues en congé maladie, de l’amplitude d’ouverture maximale du CDI comme seule exigence de nos IPR et de nos chefs d’établissement, même lorsque cela implique que l’ouverture soit faite par des personnels non qualifiés, de l’augmentation du nombre de professeurs exerçant au CDI en réadaptation et en reconversion (contre leur gré parfois), du protocole d’inspection des IGEN, prolongement du rapport Durpaire sur la politique documentaire, qui nous oriente vers le tout gestionnaire au détriment de notre mission pédagogique.

Nous nous retrouvons également sur le terrain de la prospective : il a beaucoup été question de l’utopie, au risque de la « ringardise » même, de notre profession. Nous partageons avec le SNES l’idée que nous gagnerons en lisibilité pour nous-mêmes et pour l’ensemble de la communauté éducative, en définissant précisément les savoirs à enseigner en collège et en lycée. Que c’est dans ce creuset que nous pourrons mouler notre future profession. Quitte à enseigner ces savoirs dans des dispositifs variés (co-enseignement, modules, travaux pratiques, cours magistraux, toutes les possibilités peuvent être exploitées).

Mais les signes négatifs n’ont pas manqué d’être soulignés : comme le développe Pascal Duplessis, mais il n’était pas le seul, d’autres s’en sont faits l’écho tout au long de cette journée, nous sommes les héritiers d’un mouvement de l’éducation nouvelle, qui met en avant l’élève actif / acteur par opposition à un élève récepteur du savoir professé. Et cette posture n’est malheureusement pas partagée par l’ensemble de nos collègues : certains dans l’assistance faisaient remarquer que les discours contre l’hétérogénéité dans les classes devenaient majoritaires dans les réunions d’enseignants (et on comprend pourquoi quand on met en parallèle le nombre d’élèves par classe qui ne cesse d’augmenter depuis 5 ans), d’autres rappelaient qu’une de nos premières rencontres avec nos collègues enseignants de disciplines se faisaient souvent autour des manuels scolaires et que, cela se passant mal le plus souvent, les relations avec nos collègues de discipline s’en ressentaient et pour finir, certains se posaient à voix haute la question que je crois nous sommes nombreux à nous poser tout bas : submergés par des tâches de plus en plus diversifiées et nombreuses, tiraillés entre la gestion et la pédagogie (et on ne parle pas du culturel), aurons-nous la force de nous lancer dans la bataille de la défense de notre profession comme essentiellement pédagogique alors que l’institution nous tend le fauteuil (un peu raide encore, mais elle ajoutera bien quelques coussins) d’un documentaliste essentiellement gestionnaire, en charge de la politique documentaire ?

Cette journée s’est terminée par l’intervention d’Ivana Ballarini-Santonocito qui a présenté les savoirs en information documentation publiés dans le Médiadoc de mars 2007, leurs fondements scientifiques et leur mise en œuvre dans les séquences pédagogiques. Les auditeurs ont été très attentifs à cet exposé mais les débats ont malheureusement dus être écourtés, la journée étant bousculée par les grèves dans les transports.

Elisabeth Thibaudin

  • RESTEZ
    CONNECTé